Rencontre-discussion à l’espace “Le Centre” : Vodun, outil de dialogue interculturel

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    Dada Daagbo Hounon Houna II, chef spirituel suprême du vodun hwendo, face au public de l’espace “Le Centre”

    Dada Daagbo Hounon Houna II, chef spirituel suprême du vodun hwendo, était face au public dans le cadre d’une rencontre-discussion organisée par l’espace artistique “Le Centre” afin de parler du vodun, ses avantages et ce qu’il est pour les africains. L’échange a eu lieu, mercredi 14 avril 2021, devant “Le petit musée de la récade” dudit espace, en présence des têtes couronnées, sages et étudiants.

    « De nos jours, la jeunesse doit suivre le pas des anciens. Une jeunesse qui veut faire à sa tête pour dire que “ma cuture n’est rien” se perd et va droit dans le mur et finira par se dire “Si je savais”. Si le pape était arrivé le 5 février 1993, c’est pour amorcer le dialogue interculturel. C’est pour dire que je rejoins les anciens qui ont accueilli les missionnaires pour leur donner des terres afin qu’ils bâtissent les églises », a confié Dada Daagbo Hounon Houna II, chef spirituel suprême du vodun hwendo. Selon lui, l’installation des missionnaires est un signe de tolérance, de respect, etc. L’un des signes du vodun, en effet, est l’acceptation de l’autre. Avec l’arrivée des religions modernes, « il est courant de voir des chefs de tradition qui assistent aux cultes dans les églises et pratiquent aussi la tradition. Ceux qui sont censés nous montrer le bon exemple ne le font pas. Dans ce cas, qu’est-ce que les jeunes peuvent faire ? Ne vont-ils pas chercher à faire la même chose ? », se demande le chef spirituel suprême du vodun hwendo.

    La jeunesse d’aujourd’hui doit être capable de dire “Voilà, j’ai retrouvé mon chemin”. « Il est confiant que cela peut être une réalité un jour. Comme exemple, il y a plusieurs années, il n’est pas possible de retrouver des jeunes qui sont amoureux de la scène, de la culture. Mais aujourd’hui, cela est devenu possible et il y a une présence forte de la jeunesse. L’une des valeurs du vodun n’est pas de sanctionner ou marquer négativement l’autre », a précisé Dada Daagbo Hounon Houna II. Par exemple, il y a l’événement “Ouidah 92” qui a été organisé au Bénin, précisément à Ouidah. C’est aussi “Le forum international des arts et culture vodun Afrique-Amérique” qui est une retrouvaille entre les dignitaires et gardiens de la tradition du monde. Avant la date de ce grand rassemblement, le Pape Jean-Paul II a effectué une visite au Bénin. Il a rencontré les grands dignitaires vodun à différents niveaux. Pour Dada Daagbo, cette visite mérite toujours des réflexions et la jeunesse doit chercher à comprendre. Le plus important est que la jeunesse puisse retrouver ses sources afin de s’enraciner dans sa culture.

    Société traditionnelle

    « Il n’y a pas une société, dans le monde, qui ne soit pas traditionnelle. Et cette tradition constitue son origine. Chaque ère culturelle a ses réalités et ses interdits. Tout le monde sait ce qui est le sang dont nous parlons. Le sang donne aussi des vibrations et des énergies positives pour permettre l’évolution des choses », a expliqué Dada Daagbo Hounon Houna II. Ces réalités, liées à chaque peuple, sont conformes aux réalités socio-politiques. A l’en croire, cette culture traditionnelle est à la fois notre identité, nos mœurs, nos coutumes et notre religion. Il faut noter que cette rencontre s’est déroulée dans de bonne ambiance. Le public a eu le privilège de poser des questions au chef chef spirituel suprême du vodun hwendo. Pendant plus de deux heures, le public a suivi, avec attention, les messages de sa majesté. Cette rencontre a été modérée par Florent Eustache Hessou.

    « En parallèle à cette rencontre, nous avons le plaisir d’accueillir en résidence, Gabin Djimasse, spécialiste de l’art vodun, dans le cadre du projet de développement scientifique et historique de la collection du “Petit musée de la récade”. Cette résidence de recherche et la rencontre-discussion de ce soir avec sa majesté Dada Daagbo Hounon Houma II ont été pensées en relation. En effet, une partie importante de notre collection est composée de récades liées aux divinités du culte vodun », a clarifié Marion Hamard, directrice de l’espace “Le Centre”. Le souhait des uns et des autres est de rencontrer, prochainement, le chef, afin de continuer les échanges pour comprendre d’autres notions.

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