Campagne cotonnière 2020-2021 : Une production record de 728.000 tonnes pour le Bénin

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    Le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche Gaston Cossi Dossouhoui et le Président de l’Association Interprofessionnelle du Coton Mathieu Adjovi, ont organisé, Jeudi 15 avril 2021, une conférence de presse  conjointe pour faire le point de la campagne cotonnière 2020-2021. Les progrès enregistrés par le Bénin, les efforts ayant concourus à ce résultat, ainsi que les apports de la production du coton à la création de l’emploi et à l’économie, ont été exposés à la presse.

    Le Bénin maintien sa place  de leader en Afrique dans la production cotonnière. Avec 728.000 tonnes de production du coton pour la campagne 2020-2021, contre 714.714 tonne en 2019-2020,  le Bénin fait un bond d’environ 2%. En effet, la superficie emblavée pour cette campagne est  de  614 297, 01 ha contre 665 702,64 ha durant la campagne 2019-2020,  soit une régression de 7,7% de terre emblavée en 2020-2021. Cependant, le rendement du coton durant la campagne 2020-2021 a connu une progression de 10,34% par rapport à la campagne de 2019-2020 soit 1,185 T/ha contre 1,073T. Malgré les conditions climatiques défavorables dans la plupart des communes cotonnières et notamment dans le sud du Bénin, le Bénin a encore réalisé un record dans la production du coton en cette campagne 2020-2021.

    En effet, selon l’analyse  des conditions pluviométriques faite par l’AIC, « les pluies se sont réellement installées dans l’extrême nord du pays, à la fin de la première décade de juin, ce qui a perturbé quelque peu les semis. La zone Borgou, Donga et les Collines, où est produite la variété OKP, n’est pas épargnée par les impacts de la pluviométrie. A ce niveau, une poche de sécheresse a été enregistrée au cours des deux premières décades du mois de juillet. Ceci a contraint les producteurs à faire les semis jusqu’en fin juillet. De même, les poches de sécheresse enregistrées durant les mois d’août et d’octobre ont perturbé le respect des ITK (c’est-à-dire ont entrainé le non-respect des dates d’apports des engrais et des entretiens) et le processus de fructification des cotonniers, indique l’analyse de l’AIC. Dans  la zone du sud où est cultivée la variété KET, poursuit l’analyse, la période de semis a été marquée par des poches de sécheresses. De plus, les pluies se sont brusquement arrêtées en octobre alors que les cotonniers n’avaient pas encore bouclé leur cycle de développement. Cet arrêt inattendu des pluies a perturbé le bon déroulement de la phase de fructification des cotonniers.

    Malgré ces perturbations climatiques marquées par la mauvaise répartition des pluies et une pluviométrie moyenne pour l’ensemble du bassin cotonnier de 946,32 mm en 54 jours contre 984,40 mm en 59 jours en 2019, la production de coton graine de même que le rendement enregistrés au cours de cette campagne 2020-2021 est supérieure à ceux enregistrés au cours de la campagne 2019-2020. C’est le fruit de l’assainissement des familles de l’Interprofession et les actions menées par l’AIC pour augmenter le rendement à l’hectare, explique  Mathieu Adjovi, président de l’association interprofessionnelle du coton. Le conseil agricole adopté porte sur l’exploitation agricole à base de coton, intégrant de ce fait les cultures entrant en rotation avec le coton. Le dispositif d’encadrement déployé est constitué de 40 Coordonnateurs Communaux, 10 superviseurs, 50 Agents d’Appui à la Gestion des Intrants et à la Gouvernance des OP, 38 Techniciens Spécialisés en Protection Phytosanitaire et 430 Conseillers Agricoles, soit un total de 568 agents d’encadrement. De même, avec le soutien du gouvernement, l’AIC a apporté un appui à la gouvernance des organisations de producteurs de coton  pour la campagne 2020-2021. Ainsi, des mesures ont été prise pour revoir la vie des coopératives, en accord avec leur faitière, la fédération nationale des producteurs de coton.

    Mathieu Adjovi, a par la même occasion souligné que,  la maitrise de la situation phytosanitaire est elle aussi, un facteur favorisant l’amélioration du rendement.  Dans l’Alibori, dit-il, il a été noté une faible pression de l’hélicoverpaarmigera, principal ravageur du cotonnier, tandis que, dans l’Atacora Ouest, il a été constaté une forte pression de ce ravageur contenu du fait que les producteurs de cette région ne respectent pas en général le calendrier de traitement phytosanitaire recommandé. Au niveau des communes de Savalou et Djidja, il a été noté également une forte pression parasitaire, favorisée par les poches de sécheresse survenues au cours du cycle du cotonnier. Eariassp a été présent dans toutes les zones cotonnières. Quant aux endocarpiques, ils ont été présents dans les Collines, notamment à Savalou et Savè. Toutefois, la mise en place à temps des produits phytosanitaires de qualité a permis de maîtriser ces parasites tout au long du cycle végétatif du cotonnier, confie le président de l’AIC.

    Parlant des externalités positives de la production du coton, le ministre Gaston Cossi Dossouhoui a fait remarquer que c’est  209 602 producteurs dont 17 395 femmes relevant de 2 434 CVPC qui ont été enregistrés durant la campagne 2020-2021 contre 219 472 producteurs pour la précédente campagne (AIC), évolution déclinante consécutive au processus d’assainissement des coopératives par l’AIC.  Ceci préfigure, d’après le ministre du nombre d’emploi créés à travers la campagne cotonnière 2021 au niveau du maillon production. Les emplois sont également créés le long de la chaine d’emballages, transport, égrenage, conditionnement, restauration, maintenance des usines et équipements, etc.

    Étant une filière transversale de l’économie béninoise, le coton fait vivre une grande diversité de sous-secteurs, explique le ministre. Au titre de la campagne en cours, la production du coton-graine au 13 avril 2021 induit plusieurs effets dont: 101 530 115 058 F CFA de  valeur nette payée aux producteurs à titre de fonds coton après déduction des différents crédits à la production qui est de 99 525 884 850 FCFA. Les frais de gestion des intrants versés aux OP s’élèvent à 552 909 148 FCFA.

    Les importateurs et distributeurs d’intrant quant à eux encaisse 89 089 449 000 FCFA. Tandis que les transporteurs d’intrants, de coton graine, de fibre et autres produits dérivés gagne 30 477 237 201 FCFA.

    Les recettes douanières relatives à la production du coton sont chiffrées à 8 035 925 000 FCFA

    Les acteurs portuaires notamment les  manutentionnaires, transitaires, acconiers, contrôleurs de poids qui interviennent pour la mise à FOB de la fibre ont un revenu de 10 392 668 612 F CFA. Les collectivités locales, ont bénéficié de  1 451 321 060 FCFA de taxe sur le développement local (TDL) versés aux communes. Les banquiers ont empoché 9 642 329 351 FCFA et les assureurs 1 281 779 309 FCFA. Les  saisonniers des usines d’égrenage et de trituration ont  gagné 2 668 983 452 FCFA.  Les Impôts et taxes perçus par l’Etat sur les revenus et la consommation des acteurs et des sociétés intervenant dans la filière sont évalués à 14 078 532 371 FCFA.

     

     

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