Fifadji, Zogbo, Mènontin/ Coronavirus : Les marchés à l’épreuve des gestes barrières

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disposition des marchandes de poissons

Même si elles ont été rendues obligatoires pour tous les citoyens sous peine de sanction, les mesures de lutte contre le coronavirus (Covid-19)  peinent à rentrer dans les habitudes de certains  usagers des espaces publics de notre pays. C’est le cas  des marchés secondaires de la ville de Cotonou où  les gestes barrières ne sont pas respectés malgré l’augmentation, au quotidien, du nombre de décès et des cas de contamination. C’est le constat fait dans les marchés de  Fifadji,  Zogbo et Mènontin. 

 12h 15 mn au Marché Fifadji à Cotonou. L’emplacement réservé aux vendeuses de poissons connaît son affluence habituelle. L’endroit est le plus animé du marché. Disposées comme dans des boîtes de sardines, les marchandes, collées les unes aux autres, mènent grandes discussions, les masques de protection placés en forme de collier, à la base du menton. Certaines n’en portent même pas. A Quelques kilomètres plus loin, au marché en reconstruction de Mènontin, le constat est analogue. Ici aussi, la distanciation sociale d’un mètre entre usagers passe pour une mesure aléatoire de même que le port de masque. Un laisser- aller que tente de justifier une vendeuse de poisson. « Les clients ne m’entendent pas lorsque je mets mon masque. Pis, je m’étouffe après quelques heures d’utilisation », explique maman Sylvie, une vendeuse de carpes.

Il est 13 H 52 minutes. Une jeune dame arrive à bord d’un taxi-moto. Comme un réflexe, elle retire son masque et se dirige vers les vendeuses de légumes. Sabine, de son prénom, a gardé son masque de protection durant le trajet Agla-Mènontin,  par contrainte. « Je ne peux pas prendre le ‘’zem » (ndlr : taxi-moto) sans mon cache-nez », confie Sabine A. même si elle reconnaît sous un sourire malicieux, la nécessité d’adopter les gestes barrières.  « La maladie (ndlr : le Covid-19) cause assez de décès. Le remède n’existe pas encore. Le port de cache-nez, le lavage des mains sont des moyens de se  protéger contre le virus », rappelle-t-elle.

A Fifadji comme à Mènontin, les dispositifs de lavage des mains sont installés. « La mairie nous a offert quatre dispositifs de lavage de mains et nous amenons les gens à faire le geste avant leur entrée dans le marché », raconte Abou Safiatou, la responsable du marché Fifadji.   Mais l’utilisation  de ces  dispositifs installés ne rentre pas encore dans les habitudes. Assise devant sa boutique, la tête posée sur un pagne enroulé autour d’une chaise en plastique, Safiatou qui commercialise  des ustensiles de cuisine fait sa sieste en attendant la venue des clientes. Soudain, l’une d’elles s’approche, dépasse le dispositif de lavage des  mains et se dirige vers l’étalage. Le masque vissé au nez et à la bouche, Safiatou et la cliente, sans masque de protection, discutent pendant une dizaine de minutes sans pouvoir s’entendre sur le prix d’un foyer de fabrication locale. Comme cette cliente, à Zogbo dans le 10ème arrondissement de Cotonou,  les usagers  utilisent très peu  les deux lave-mains positionnés aux entrées du marché.

…aux trousses des indélicats !

Comme on le voit, faire respecter les gestes barrières dans les marchés secondaires de la ville de Cotonou reste une préoccupation majeure. Pourtant, ce ne sont pas les sensibilisations qui manquent. « Je reviens juste d’une rencontre avec le préfet du Littoral et le premier adjoint au maire de Cotonou. Les responsables des marchés secondaires ont été sensibilisés sur la nécessité, pour les usagers des marchés, de respecter les mesures de prévention contre le coronavirus. Les autorités ont attiré l’attention sur l’existence du mal, l’augmentation rapide du nombre de malades et de décès liés au Covid-19 », précise Célestine Agonon Houngbèmé, responsable au marché Zogbo, avant de souligner l’entêtement des usagers. « Les marchandes sont têtues et ne veulent pas suivre les recommandations », se désole-t-elle. Au regard de l’augmentation du nombre de cas de contamination et de décès, et pour éviter la propagation du virus au sein des marchés, la responsable du marché de Zogbo fait des  propositions aux autorités. « Face à ces personnes récalcitrantes qui  mettent en danger la santé d’autrui, nous avons demandé aux autorités de mettre la police à contribution. L’Etat doit sanctionner les usagers des marchés qui ne portent pas leur masque et ne se lavent pas les mains. Les mesures de prévention n’ont pas été prises inutilement. Je sais que la maladie existe et j’ai peur. Je souhaiterais que les responsables des marchés interdisent l’accès à leurs marchés respectifs aux usagers qui sont sans masque de protection », conclut-elle.

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