Conférence-débat à l’Enam: La mutation des archives au cœur des échanges

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Apollinaire Gbaguidi, collaborateur extérieur de l’Enam (Ecole nationale d’administration et de magistrature) et spécialiste de gestion électronique des documents, a donné une communication sur l’utilité des archives au Bénin et dans le monde, la matinée du  samedi 15 juin.La conférence s’est déroulée en présence des étudiants archivistes en devenir et professionnels ainsi que des responsables de l’Unstb dans l’amphithéâtre Jean Julien Codjovi d’Abomey-Calavi.

« Enjeux et mutations des archives au 21ème siècle : quel rôle social et politique au service du développement ». C’est autour de ce thème que les étudiants en année archivistique et les professionnels ont été outillés. Cette séance de communication s’est déroulée autour de six différentes questions essentielles : que sont les archives ? Qui sont les archivistes du 21ème siècle ? Pourquoi archiver  les documents ? Quel regard sur le traitement des archives au Bénin ? Pour une politique nationale des archives, où en sommes-nous au Bénin ? Les archives face aux enjeux des mutations technologiques : quelles sont les réponses du Bénin ?

Cet atelier d’échanges a été une occasion pour Apollinaire  Gbaguidi de présenter les différentes mutations qui s’opèrent dans le domaine des archives. Ces mutations touchent la production, la gestion et la diffusion. « J’ai parlé des mutations, mais il s’agit surtout des mutations qui s’opèrent et puis leurs retombées sur la gestion des archives », a martelé le communicateur. Pour lui, si l’on peut faire l’état des lieux au Bénin, il y a des problèmes. « De façon honnête, il faut comprendre que les archives du Bénin ne se portent pas bien », a-t-il fait remarquer. En effet, les problèmes liés à ce domaine au Bénin sont de plusieurs ordres. Il y a des problèmes aux plans institutionnel, infrastructurel et de ressources financières. « En ce qui concerne les causes institutionnelles, après une vingtaine d’années de pratique archivistique, nous n’avons pas un document national de politique de gestion des archives. Cela fait que ce vide juridique ne permet pas d’avoir l’organisation nécessaire pour pouvoir prendre en charge des archives », a expliqué Apollinaire Gbaguidi. A l’en croire, les causes infrastructurelles découlent de ces causes institutionnelles. Pour cause, « quand l’on n’a pas les éléments de mise en place pour gérer les archives, nous manquons d’outils de traitement de nos annales », a-t-il ajouté. Dans ce cas, il est important de mettre un accent particulier sur le cycle de vie des archives. Il s’agit de la “Théorie des trois âges”. Cette théorie regroupe les archives du premier, deuxième et troisième âge. D’abord, celles du premier âge sont les archives courantes et qui sont encore dans les bureaux. Ensuite, les archives du deuxième âge sont celles intermédiaires entre le premier et troisième âge. Ces dernières sont encore utiles pour l’administration. Enfin, celles du troisième âge sont les archives historiques. Elles ont fini le deuxième âge et doivent être reversées aux archives nationales.

« Les spécialistes sont d’accord sur le fait qu’il y a une mutation des archives et qu’il faut rénover la manière de traiter les informations. Pour cela, il faudrait plus accentuer sur les services de pré-archivages et les documents papiers », a exprimé Achillia Loukpey, étudiante en archivistique à l’Enam. Selon elle, les archives historiques sont dans un état fragile et ces documents risquent de tomber dans l’oubli. « Pour que cela ne soit pas ainsi, il faut des actions de valorisations de ces documents et les traiter d’une autre manière », a proposé Achillia Loukpey. Par ailleurs, elle rappelle : « que le premier devoir de l’archiviste est de s’assurer que la société a des instruments de traitement des archives. Il est important de créer une plateforme afin de répertorier les archives.»

Présente à cette séance d’échanges, Marcelle Abattan, représentante de l’Unstb (Union nationale des syndicats  travailleurs du Bénin), n’a pas manqué  de saluer l’initiative. « Vu la présentation qui a été faite et les questions qui ont été posées, nous nous rendons compte que l’initiative est appréciée de tous et nous souhaitons que cela se réitère dans les années à venir », a-t-elle suggéré.

Il faut noter que le 9 juin est la date retenue par l’Unesco pour célébrer chaque année la journée internationale des archives. Cette célébration s’étend sur une semaine. A cet effet, des séances de communication sont organisées pour montrer l’importance des archives et faire l’état des lieux.  La présente conférence-débat s’inscrit dans cette logique et est organisé par l’Unstb en partenariat avec l’Unad.

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