Législatives d’avril 2019: Entre peurs, heurts et dispositifs dissuasifs, le scrutin a eu lieu…

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Le scrutin prévu pour le 28 Avril 2019 a effectivement eu lieu. Entre craintes de subir des agressions par endroit, heurts entre forces de l’ordre et populations, le taux de participation est assez faible.Les opérations de vote, pour le compte des législatives d’avril 2019, se sont déroulées sur toute l’étendue du territoire national. Selon les statistiques fournies par la plateforme des organisations de la société civile du Bénin, 67, 03%  ont démarré les opérations de façon effective à 7h 00mn dans des conditions peu  satisfaisantes. Le taux d’insatisfaction, selon la même source,  est allé à 59% dans le Plateau, 63% dans le Littoral et 67% dans le Couffo. Du côté des populations, la participation est timide dans plusieurs localités du Sud du pays comme Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi. Situation identique dans le Plateau, le Zou, les Collines, le Borgou.   Dans d’autres localités, les « sages » ont dû recourir aux porte-à porte aux fins de convaincre ceux qui remplissent les conditions de s’acquitter de leur devoir citoyen. Ailleurs,  ce sont les matériels des sonorisations qui sont mis à contribution. Malgré cela, la participation, au plan national, est restée assez faible. Un constat que Sacca Lafia, ministre de l’intérieur et de la sécurité publique attribue aux menaces proférées via les réseaux sociaux. Dans une déclaration qu’il a effectué hier, pour présenter le bilan du scrutin, il estime que ces intimations ont influencé le niveau de participation aux opérations de vote

Un dispositif sécuritaire dissuasif

Les rumeurs et menaces de soulèvements annoncées ça et là ont influencé les opérations de vote. Dans la majorité des bureaux de vote, il est noté une présence très remarquée des forces de sécurité. Contrairement aux usages depuis le renouveau démocratique, les centres de vote ont été pratiquement militarisés. A la moindre « discussion », ils interviennent.  Depuis l’ouverture des centres de vote jusqu’à leur fermeture en passant par le convoyage du matériel après vote (procès verbal, urnes, isoloirs, etc.), ils n’ont manqué aucun moment. Un constat relevé par les moniteurs de la plateforme des organisations de la société civile. Dans le communiqué de presse publié dans la matinée du dimanche 28 décembre, ils ont remarqué que, «  dans environ 12% des centres de vote suivis par les moniteurs, il a été observé un déploiement inhabituel des forces de l’ordre et de sécurité ».

Après la fermeture des bureaux de vote, la stratégie a changé avec une concentration des patrouilles dans des zones jugées à risque. Les alentours des domiciles des certaines forces politiques ont été militarisés compte tenu des informations recueillies sur elles.

Du côté de la Cena, les dispositifs sécuritaires ont plutôt abondé dans le sens de la disponibilité du matériel électoral et surtout dans la  célérité observée dans le remplacement des agents électoraux défaillants.

Des heurts

Malgré le déploiement des forces de l’ordre, les heurts nés des mécontentements ont été enregistrés dans les départements du Zou, Collines, Borgou etc.  Dans les localités comme Glazoué, Savè, Bantè, Parakou, Tchaorou, Tchatchou, Savalou, Manigri etc., les opérations de vote ont été perturbées par des soulèvements, lesquels soulèvements ont conduit à des affrontements entre forces de l’ordre et populations. Dans ce corps-à-corps, des arrestations ont été effectués par les hommes en uniforme, les populations  de leur côté, ont pris en otage certains éléments des forces de l’ordre. Il est vrai que les négociations  qui ont suivi ont permis la libération des forces de l’ordre. En outre, l’on apprend que certains bureaux de vote ont dû fermer du fait des manifestations de colère.

Dans la même journée, les domiciles des certains hommes politiques sont pris d’assaut par les populations, cette fois, pas pour leur adresser des civilités, ni pour des visites de courtoisie.  Avertis de la situation, certains ont pris la fuite, d’autres ont été extraits par les forces de sécurité et conduits à des endroits plus sécurisés.

En dehors de blessés, le bilan de ces soulèvements est évalué à de nombreux dégâts matériels dont le domicile d’un leader politique. Quant au nombre de morts,  Sacca Lafia, ministre de l’intérieur et de la sécurité publique soutient qu’aucune perte en vie humaine n’est enregistrée. Cependant, selon la plateforme des organisations de la société civile, il aurait eu deux morts.

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