Lavage auto-Moto à Cotonou: Auto emploi en quête de financement

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Le lavage auto-Moto, une activité qui de nos jours est pratiquée par plusieurs jeunes en quête d’emploi, peine à trouver de financement de la part des gouvernants. Ce métier représente un job surtout aux jeunes chômeurs en fin de formation. « Vue la situation économique du pays et face à mes besoins quotidiens, je ne peux attendre ni l’Etat ni les parents avant de faire face à mes besoins quotidiens. C’est pourquoi j’ai choisi d’ouvrir ce centre de lavage après ma licence en géographie», affirme Boris Bossou. Tuyau en main en train de rincer une voiture, il montre de sa main droite quatre autres voitures qui attendent leur tour. Nous sommes ici à Godomey dans les banlieues de Cotonou, ici comme ailleurs les jeunes se convertissent dans le métier du lavage pour subvenir à leur besoin.
Mais très tôt ceux-ci sont confrontés aux problèmes de financement de la part des gouvernants. « Difficile de trouver de financement de la part des structures publiques de prise en charge des jeunes chômeurs pour le démarrage de cette activité de lavage ». Luc Agbozognigbé qui a son centre de Lavage au quartier Gbèdjromédé dit avoir investi plus de neuf cent mille y compris l’avance de location de l’espace. Une somme acquis auprès d’une agence de microfinance grâce à la complicité de sa femme. Pour sa part, Brice Bossou a reçu l’aide de son Oncle pour l’acquisition des matériels tels que : Pompe, Aspirateur et bien d’autres. « Nous ne bénéficions pas du soutien de l’Etat et même pour obtenir un prêt à la Banque c’est encore difficile », Clame Brice Bossou. Malgré les efforts du gouvernement pour réduire le taux du chômage à travers les actions de l’agence Nationale pour la promotion de l’emploi(Anpe), nombreux sont les jeunes qui ne profitent pas encore de cette opportunité. Deux principales raisons expliquent ce fait d’après le cadre de l’Anpe. Il s’agit d’abord du fait que, ceux qui font le lavage ne se font pas enregistrer au niveau de l’Anpe comme demandeurs d’emploi. Et aussi le marché d’emploi pour lequel l’Anpe forme les jeunes ne demande pas encore ce type de service, a expliqué Célestin Hounssouvi, Directeur du perfectionnement et de la reconversion. L’agence Nationale pour la promotion de l’emploi’(Anpe) ne finance pas les jeunes ni les projets mais, elle apporte un appui technique qui s’identifie en deux volets : le premier concerne la formation à l’emploi salarier et le second prend en compte l’emploi indépendant. Ces derniers sont formés pour créer par eux même une entreprise. A cet effet ils sont orientés vers le Fond National pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (Fnpej), pour soumettre leur projet d’entreprise afin d’obtenir de financement.
Rapproché du service d’accueil du Fnpej, il nous renseigne que le financement de la structure est destiné à trois secteurs d’activité dont : L’Agro-business, l’Artisanat, le Tourisme. Ainsi le métier de lavage ne se trouve pas dans le domaine d’intervention de (Fnpej) qui comme l’Anpe suis lui aussi le programme d’action du gouvernement. Néanmoins l’Anpe peut un jour, si le gouvernement le décide, élaborer un programme d’accompagnement des promoteurs des centres de lavage.
Ce métier dont le démarrage n’exige aucune formalité administrative est néanmoins soumis au prélèvement d’une taxe par la Mairie. C’est ainsi que installé sur un terrain hérité depuis 30 ans, Brice Bossou, paie une taxe de soixante mille Francs à la mairie de Cotonou par an. Pour éviter d’accumuler les taxes, Christian Afanou s’acquitte de ses taxes mensuellement et ceci à raison de six mille Francs le mois. Sans avancer le montant exact, une source proche de la Maire de Cotonou, confie : « la Mairie prélève la patente chez toutes les personnes installées sur le domaine publique pour exercer leur métier ».la même source, nous renseigne que c’est depuis l’opération du déguerpissement menée par le gouvernement que la Mairie a cessé les opérations d’enregistrement. Mais les dispositions sont en train d’être prise pour la reprise de cette opération.
L’ouvrier au salaire d’un cadre !
A en croire Boris Bossou, son bénéfice journalier peut être évalué à six mille. Pour sa part, Luc Agbozognigbé, estime le bénéfice de ses six employés entre 3000 et 4000F par jour. « Le paiement se fait en fonction du travail effectué dans la journée. Au moins, nous arrivons à laver huit véhicules par jour et le prix tient compte de la qualité du service demandé par le client et en fonction de la marque du véhicule (1500 f et 15000f). Les employés gagnent 30% du revenu journalier,» explique Luc. Lui-même en tant que maître du centre de garage après avoir dégagé les frais d’achat des produis utilisables, il réalise un bénéfice de 90 000 à 100 000 mille par mois. De son côté, Christian Afanou aussi gère ses employés suivant le travail effectué par jour. Ces ouvriers sont à 35% du revenu journalier. Celui-ci dit ne pas avoir loué l’espace et n’a aucune idée réelle du revenu mensuel. « Je n’ai pas une autre activité et j’arrive à supporter les charges de mes quatre enfants grâce à ce lavage», affirme, Christian Afanou.

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