Système de santé au Bénin : un secteur à libérer de la politique

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Le système de santé béninois est à la croisée des chemins. L’émission dominicale « 90 minutes pour convaincre » de la radio nationale de ce dimanche 15 octobre avait pour morceau choisi l’état du système santé. Invités à ce débat, Lucien Toko et Théophile Dossou respectivement directeur de cabinet du ministre de la santé et syndicaliste s’affrontent sur les conditions de travail dans les hôpitaux publics.

Le système de santé est vraiment malade. C’est la substance de l’émission « 90 minutes pour convaincre » de la radio nationale. Faisant le diagnostic du secteur de santé, les deux invités de cette émission ont dressé un tableau sombre. D’après Lucien Toko, directeur de cabinet du ministre notre système de santé ne se porte pas au mieux. «  Nous sommes à la croisée des chemins », a-t-il indiqué. Poursuivant dans son développement, ce cadre du ministère en charge de santé a déroulé les caractéristiques de ce secteur phare. De son analyse, il ressort que les taux de mortalité enregistrés sont élevés. Pour sa part, si le taux des mortalités infantile et juvénile avoisine 42%0 et 30%0, celle de maternelle tutoie les 70%0. A l’entendre, pour ce qui est du taux de couverture, il atteint quelques 80% du territoire national. S’agissant du taux de fréquentation des hôpitaux et centres de santé publics, un pourcentage de 30% est à noter selon ce dernier. «  le reste des populations à faible pouvoirs d’achat se débrouille autrement pour se soigner. », a-t-il commenté. Montrant toujours les maux qui minent ce secteur, le DC a relevé la mauvaise répartition du personnel et la piètre qualité des infrastructures allouées aux hôpitaux. Prenant la parole Théophile Dossou, syndicaliste exerçant dans le secteur santé, a examiné la situation dans les différents services en trois points. Il s’agit pour celui-ci, de mauvais équipements de ces hôpitaux, de leur fort endettement et de la pauvreté ambiante des citoyens. Interpelé sur le supposé rançonnement dans les centres et aux absences répétées, Théophile Dossou répond que l’Etat n’assume pas ses responsabilités. « Les dirigeants ont abandonné les hôpitaux », a-t-il martelé, déplorant les conditions de travail des agents. Tous ces problèmes nécessitent une solution globale, a rassuré Lucien Toko qui a déclaré que d’ailleurs c’est la raison d’être de la commission mise sur pied par le gouvernement. Une commission selon lui donnera un ouf de soulagement aux populations sur leur système sanitaire. Ce comité de 11 membres est composé de 8 universitaires et 3 représentants du chef de l’Etat. Commentant cet état de chose, Théophile Dossou a trouvé que cette équipe ne répond pas aux exigences du système. « Il y en a qui ont fait 20 ans et n’ont rendu aucun service à la nation. », a-t-il jugé, ajoutant que  « la présence des universitaires pour la pratique et l’enseignement est primordiale pour le système ». Sur la question des grèves perlées dans le secteur, les deux ne s’accordent pas. Pour le directeur de cabinet, elles font plus de morts dans les hôpitaux. Rétorquant monsieur Dossou a estimé que les grèves n’entrainent pas plus de morts que les mauvaises conditions de travail.Au sujet de l’impunité qui régnerait en maitre en milieu sanitaire, le DC estime que c’est un problème qui bloque la bonne marche des hôpitaux. Au Théophile Dossou de proposer des pistes pour sortir les hôpitaux de l’ornière. Ce syndicaliste invite l’Etat à veiller au grain et laisser les accointances politiques pour redorer les hôpitaux de leur blason.

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