Le nouveau coronavirus rend difficile le traitement du paludisme dans les hôpitaux en ces temps de pluie et des inondations. Médecins, gouvernement et patients en font les frais.

Hôpital de Mènontin. Josseline (nom d’emprunt), masque de protection au nez et à la bouche,  arrive à pas pressés, son enfant de deux ans dans les bras. Le garçon, visiblement fatigué, n’a pas fermé l’œil de la nuit. « Mon enfant n’a pas dormi toute la nuit », raconte sa mère, anxieuse. Elle  soupçonne le paludisme chez l’enfant. « Il avait une forte fièvre suivie des vomissements», confie-t-elle. C’est donc pour en avoir la certitude que la mère de famille s’est rendue à l’hôpital. Mais  ce matin-là, impossible de se faire consulter rapidement. La file de patients est longue. Josseline qui venait d’arriver devra attendre son tour car personne n’est prêt à céder sa place à l’autre.  « Nous sommes tous tenus par l’urgence », lui lance une dame dans les rangs lorsqu’elle tente de passer avant les autres. Au milieu  de la foule, les médecins multiplient les allers-retours, carnets et plateaux d’injection en main.

A quelques kilomètres de là, la maternité de Zogbo. Là, aussi une file d’attente. Dans la salle d’hospitalisation, des poches de sang suspendues au-dessus des lits irriguent les veines des patients, essentiellement des enfants. Avec la saison des pluies, l’inondation et la prolifération des larves de moustiques, les centres de santé débordent de cas de paludisme tant chez les enfants comme chez les adultes. La prise en charge de ces nombreux cas constitue un casse-tête pour les hôpitaux publics. Elle constitue une source de dépenses pour l’Etat, lequel doit prévoir chaque année des sommes colossales pour l’équipement des centres de santé et le traitement des cas graves, surtout en saison pluvieuse.

Même si avec le temps, les médecins s’adaptent à la situation, la stratégie de prise en charge des cas de paludisme  doit intégrer cette année une nouvelle donne : celle du nouveau corona virus.  Les deux pathologies présentant  des symptômes  similaires : fièvre, maux de tête et vomissements, de nombreux patients redoutent, depuis la découverte du premier cas de covid-19 au Bénin, les erreurs de diagnostic. Mais il n’y a pas pour autant des raisons de s’inquiéter. Les soignants connaissent la procédure. «Désormais, tous les médecins qui reçoivent des patients à l’hôpital ont l’obligation de demander le test (ndlr : le test de Covid-19) même si le patient ne présente pas de fièvre», a rassuré le docteur Franco-Marie Houessou, directeur santé de de la Croix Rouge Béninoise. Une procédure dont l’application se heurte souvent à la désapprobation des patients. Face au refus de se faire tester, l’Etat a pris une mesure et pas des moindres. « Si vous n’êtes pas prêt à faire le test, le médecin  peut se refuser de vous soigner », précise le docteur Franco-Marie Houessou. Cette mesure est une exigence du ministère de la santé rappelle le directeur santé de la Croix Rouge Béninoise. « Le ministre a recommandé à tout personnel de santé de dépister systématiquement la covid-19 à toutes personnes présentant des signes », a fait remarquer Docteur Franco-Marie Houessou.

 

 

 

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