Spectacle à l’Institut français de Cotonou: « Les sièges seront dégagés et ce sera un concert debout », dixit Koudy Fagbémi

0
108

A l’Etat civil et comme nom d’artiste, Koudy Fagbémi est chanteuse et percussionniste. D’origine béninoise, elle tient sa base musicale des rythmes traditionnels. Dans le cadre de son concert qui se tient, ce vendredi 5 juin, sous la paillote de l’Institut français, à partir de 20heures 30 minute, la chanteuse revient sur la particularité de ce spectacle.

Précisez-nous le cadre de votre concert de ce vendredi
C’est un concert qui a pour thème “Femmes Amazones” et c’est un thème que je développe depuis un certain nombre d’années. C’est un concert qui tournera autour de la femme. La femme au titre de son indépendance, de sa personne et la femme, elle-même. Il faut qu’elle puisse prendre le devant des choses et soit fière d’elle au lieu de toujours attendre des autres.
Pourquoi ce thème vous intéresse-t-il autant ?
Cela fait des années que je travaille sur ce thème parce que, moi, mon tout premier modèle de femme dans ma vie, c’est ma mère. Elle est ma première amazone. Je ne suis pas d’Abomey et ma mère non plus. Après, j’ai fouillé un peu dans l’histoire et je suis tombée sur une femme qui m’a beaucoup inspirée. Il s’agit de “Tassi Hangbé”. J’ai beaucoup appris d’elle et quand je regarde autour de moi, j’ai envie de voir des femmes dignes de ce courage comme les “Tassi Hangbé” et surtout quand on parle de femme béninoise. Quand elle sort, il faut que cela craigne. Il faut, qu’à première vue, on puisse dire oui, on peut lui faire confiance. Elle sait pendre les choses, elle sait s’organiser, se planifier. On ne peut jamais rejeter l’aide des autres. Mais avant qu’on ne t’aide, il faut qu’on ait la certitude et le mérite de cette dernière. Parce qu’elle sait se débattre, se défendre. La vie m’a beaucoup inspirée à développer ce thème et la première partie que j’ai commencée sur ce projet, c’est de commencer par faire des feats avec d’autres chanteuses. Et ce ne sont n’importe lesquelles parce que, à chaque fois que je voyage, j’essaie d’analyser, à mon niveau, et de cibler celles qui font le poids. Quand je dis poids, il y a le côté vocal, scénique et aussi sa carrière. Tous les feats que j’ai déjà faits sont, de façon générale, avec des femmes indépendantes, qui ne sont pas reliées à une boîte de production, mais qui chantent bien et qui savent prendre le devant des choses. Par exemple, j’ai fait un feat avec une camerounaise qui s’appelle Kiriiah qui vit aux Etats-Unis, la canado-camerounaise Veeby. J’ai fait un feat avec Stella, chanteuse d’opéra, slameuse. Elle est jamaïco-haïtienne. Il y a d’autres réalisations en feat qui sont en cours.
A travers ces relations, quel est votre niveau de satisfaction ?
De ces relations, j’ai tiré beaucoup de choses. Je me dis une chose, ce n’est pas l’argent qui est le plus important, cela peut venir après. L’argent peut nous courir après et ce lorsque l’on a tout ce qu’il nous faut. On a le bagage qu’il faut. Je dis une chose, généralement, que les gens ne comprennent pas, lorsque je reste dans ma chambre et que je prends mon téléphone, je vais sur google, je cherche les festivals qui sont en cours et quand je regarde, je choisis ce qui va avec mon style de musique, mon rythme et autres. Cela ne veut pas dire que je ne m’ouvre pas à d’autres styles de musique. Je regarde ma poche et lorsque je me rends compte que je n’ai pas ce qu’il faut pour prendre un vol afin d’aller sur un événement, l’argent qui est là peut me permettre d’y aller par voie terrestre. Il arrive, parfois, que je fasse deux ou trois jours de voyage pour aller sur un événement. Une fois sur les lieux, les contacts que je prends, même si je paie, je ne peux pas les avoir. Il faut comprendre une chose : un plus petit que soi a toujours une valeur.
Quels sont les rythmes que vous jouez ?
Je suis dans un style évolutif. Tout ce que je fais, je peux les regrouper dans de la “World music”. Lorsqu’on ira en détail, je suis plus axé sur le jazz. Mais il y a une grosse polémique au niveau de la musique jazz. Il y a une chose que beaucoup de personnes ne comprennent pas, c’est que, notre musique traditionnelle est déjà du Jazz. Il suffit d’écrire de la rythmique et la jouer avec le piano, la guitare ou autres instruments modernes et on se rend compte que ce que l’on chante au village n’a aucune différence et c’est juste une version améliorée. J’ai beaucoup plus travaillé sur ces genres de mix, mais je ne me suis pas spécialisée uniquement sur la musique béninoise. Je pars des musiques traditionnelles de plusieurs pays (Bénin, Mali, Burkina, Côte-d’Ivoire, Niger, Congo, etc.). Sur ces rythmes, je travaille de la mélodie jazz. Cela fait que, dans mes chansons, je garde toujours la voix et la couleur de chez moi parce que j’ai des lignes un peu nigérianes, béninoises, soudanaises, etc. Vous allez écouter mes chansons en anglais, yoruba, fon-gbe, Malinké et bien d’autres. Il y a aussi le style vestimentaire. Sur ce côté, je fais l’effort d’être fidèle au pagne, même si ce n’est pas total. Je me débrouille toujours pour qu’il y ait du pagne lorsque je suis sur scène et dans ce que je fais. Je me dis que le pagne est africain. J’ai la chance d’avoir autour de moi des musiciens de plusieurs nationalités. Ce qui fait que chacun apporte du sien et cela me permet d’avoir le mix que je veux.

 

Pour votre spectacle du vendredi prochain, que comptez-vous proposer au public pour qu’il soit satisfait ?
La scène sera une histoire que nous allons raconter du début jusqu’à la fin. Les chansons qui vont se suivre vont raconter l’histoire du début jusqu’à la fin et cela va partir d’une mélodie à une autre, mais toujours avec de la base traditionnelle, l’ère de jazz. Les gens seront surpris de danser à fond sur du jazz parce que je vais mettre tout ce qu’il faut pour qu’ils soient satisfaire. Les danses ne seront pas habituelles. Ils peuvent se retrouver sur des mélodies où le texte va suivre jusqu’au bout. Il y aura des mélodies où la danse importe peu. Par contre, sur d’autres musiques, il y aura la danse du début jusqu’à la fin. Plusieurs rythmes traditionnels seront joués. L’histoire de la vie d’une femme, à travers ma personne, dans le social.
Quelles sont vos attentes pour ce spectacle ?
Mon public me connait (rire…). Tout ce que je demande c’est que les gens puissent venir sur le spectacle. Dès leurs arrivées, ils peuvent déposer leur souci juste à l’entrée de l’Institut avant de venir à l’intérieur. Les sièges seront dégagés et ce sera un concert debout parce que, lorsque nous les artistes, nous sommes sur scène, on fait l’effort de bouger et on voit le public qui est assis et regarde comme si c’était les élèves devant le maître. Ce genre de chose donne beaucoup de stress. Il est important de laisser les stress de côté et beaucoup s’amuser sans pour autant regretter.

LAISSER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here