Rapport 2019 sur le développement économique en Afrique: La Zlécaf, une opportunité pour le commerce intracontinental

    0
    47

    La plupart des pays africains, l’édition 2019 du rapport sur le développement économique en Afrique a été lancée, mercredi 26 juin 2019 dernier dans les locaux de l’Eneam à Cotonou. Conçu autour du thème « Made in Africa, un tremplin pour le commerce intra-africain », il est au Bénin, le fruit de la collaboration entre la Conférence des Nations-Unies sur le commerce en Afrique et le Laboratoire de Recherche en Economie et Gestion. Il présente la situation du continent africain dans ce secteur et la conclusion se présente de façon suivante : la Zlecaf est une opportunité à prendre au sérieux si les pays africains désirent renforcer la qualité du commerce intracontinental.

    Ce rapport insiste sur deux aspects essentiels. Premièrement, les règles d’origines en tant que critère permettant de déterminer les pays d’origine d’une marchandise pourraient constituer une chance pour le continent africain si elles sont simples, transparentes, prévisibles et favorables aux entreprises. Deuxièmement, certains pays moins avancés, en l’occurrence ceux de l’Afrique, n’arrivent pas à tirer profit des traitements préférentiels. Il s’agit principalement du Bénin (taux d’utilisation des préférences de 4,6 %), du Burkina Faso (0 %), de Djibouti (3.5 %), de la Guinée (0 %), de la Guinée-Bissau (0 %), de la Guinée équatoriale (6.8 %) et de la République centrafricaine (0 %). C’est également le cas du Libéria (0 %), de la Libye (0 %), du Mali (0,4 %), des Seychelles (0 %), de la Sierra Leone (0 %), de la Somalie (1,1 %), de la Tanzanie (6 %) et du Togo (0 %). Dans une présentation faite mercredi 26 juin 2019 dernier par Barthélémy Biaou, directeur du Laboratoire de Recherche en Economie et Gestion (Lareg), le rapport sur le développement économique en Afrique offre un récapitulatif des échanges intra comme extra continentaux. Il convient de retenir que dans un environnement où plus 50 pays africains ont signé l’accord sur la zone de libre échange continental, les échanges infrarégionaux restent faibles. Selon les données de la Cnuced pour la période 2015-2017, la part du commerce intracontinental ne représente que 15 % en Afrique, contre environ 47 % en Amérique, 61 % en Asie et 67 % en Europe.
    En ce qui concerne la part du commerce intracommunautaire dans le commerce africain total, en 2016, elle était la plus élevée dans la Sadc (84.9%) et ensuite dans la Comesa (59.5%). Cette situation, selon le rapport est tributaire du Manque de capacités productives, des coûts commerciaux liés aux droits de douane et des mesures non tarifaires en tant qu’obstacles non tarifaires. A ce niveau, explique le Professeur Biaou, dans 13 pays africains pendant la période 2010-2013, les règles d’origine et la documentation connexe représentent 35 % des mesures non tarifaires les plus contraignantes qui sont appliquées par les pays partenaires aux articles manufacturés exportés.

    La Zlécaf, une porte de sortie
    En plus d’offrir un marché de 1,3 milliard de consommateurs, les simulations laissent croire que l’entrée en vigueur de la Zlécaf devrait donner un coup de fouet au commerce intra-africain qui devrait progresser de 33 %. Revenant aux questions de maîtrise des règles d’origine, ce rapport présente la Zlecaf comme une opportunité dans la mesure où elle obligerait à renforcer les capacités des autorités douanières de les faire respecter et favoriser la coopération internationale entre autorités douanières et concrétiser les gains attendus du processus de libéralisation préférentielle des droits de douane. Bien manipulées, les règles d’origine peuvent à une bonne maîtrise des chaînes de valeur régionales en Afrique et par ricochet, constituer un tremplin à l’industrialisation

    Barthélémy Biaou au sujet des défis du Bénin dans la Zlecaf

    « C’est l’occasion de réfléchir »
    Ce qu’il faut retenir du rapport sur le « Made in Africa : les règles d’origine comme tremplin pour le domaine du commerce » est que les règles d’origine sont très importantes lorsqu’une région, notamment l’Afrique, s’engage dans un processus de libéralisation référentielle. Mais les règle d’origine sont complexes et, dans le passé, ont été un instrument dit “mal utilisé”. Parce que les pays n’ont pas pu les exploiter suffisamment lorsqu’il y a des règles d’origine concurrentielle. La principale leçon de ce rapport, c’est de dire que l’avènement de la zone du libre-échange continental va être l’occasion de définir de nouvelles règles d’origine à l’échelle continentale. Il serait important que ces règles d’origine soient un certain nombre de qualité, transparentes, flexibles afin de tenir compte des niveaux de développement, différencier et permettre aux pays, quel que soit leur niveau de développement, de pouvoir s’insérer efficacement dans les chaînes de valeur au niveau continental. Jusqu’à présent, notre commerce extérieur a été, essentiellement, orienté vers les pays occidentaux.
    C’est que lorsqu’on considère les pays et qu’on les compare, le Bénin est un pays, comparativement à d’autres pays et dans le processus d’intégration, en règle générale. Cette différenciation des niveaux de développement est une source d’avantage à prendre en compte. Donc, à priori, on peut penser que les pays les plus développés tireront de meilleurs avantages que les pays les moins développés, comme le Bénin. Toutefois, ce que dit le rapport est que, si l’on définit les règles d’origines assez flexibles, quel que soit le niveau de développement, chaque pays peut s’insérer dans la chaîne de valeur entre la matière première et le produit fini. On peut, également, dire que lorsqu’on considère quatre pays, ils doivent être en mesure de déterminer leurs avantages comparatifs. Et pour le moment, le principal produit que le Bénin exporte, c’est le coton. L’étude, lorsque vous allez la lire, considère le secteur textile et vêtements comme une chaîne de valeur régionale potentiellement bénéfique. A partir de ce moment, il appartient au Bénin de mettre des politiques idoines pour améliorer son insertion dans cette chaîne de valeur. Si je considère le passé, il y avait, au niveau du Bénin, des industries textiles qui ont pratiquement fermé leur boutique. Peut-être que c’est l’occasion de réfléchir et de voir, pas en créant nécessairement des entreprises publiques, mais en créant des conditions pour que les investisseurs venus de l’étranger puissent s’installer dans les meilleures conditions. Ainsi, les produits transformés de mieux en mieux au Bénin pourront alimenter le commerce régional.
    Propos recueillis par A. A.

     

    LAISSER UNE REPONSE

    Please enter your comment!
    Please enter your name here