Représentation “The Emidy Project” à l’Institut français: Le parcours d’un esclave ghanéen devenu célèbre

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Tunde Jegede, Diana Baroni, Rafael Guel Frais, Simon Drappier, Ishimwa Muhimanyi, Sunara Begum et Raoul Titinsnaider ont présenté un spectacle de danse, le vendredi 14 juin, sous la paillotte de l’Institut français à Cotonou. Ce spectacle raconte l’histoire, le parcours de Joseph Antonio Emidy, esclave ghanéen, devenu célèbre et chef d’orchestre Kora, flûte, percussion, guitare solo, violoncelle et autres instruments ont permis le bon déroulement de ce spectacle. Chant, danse et lumière ont accompagné les différents rythmes. Une vidéo a été projetée lors de ce spectacle pour montrer les différentes étapes de l’histoire de l’esclave ghanéen, Joseph Antonio Emidy. Cette odyssée conte la vie extraordinaire de ce violoniste métis et virtuose du 18ème siècle. Ce dernier fut esclave avant de devenir chef d’orchestre et compositeur. Il est né en Afrique de l’Ouest en Guinée (Côte de la Guinée). “The Emidy Project” est un voyage à travers les trois continents (Afrique, l’Amérique du sud et l’Europe) sur lesquels cet esclave a vécu. En effet, ce personnage a traversé l’Afrique, le Bateau Négrier, la Guerre Napoléonienne et les Cornouailles. Une fois déporté au Brésil, ce dernier a appris à jouer au violon. Joseph Antonio a été déporté, après, au Portugal où il est devenu violoniste principal à l’Opéra de Lisbonne en 1719. Vu sa performance, l’esclave a été kidnappé à l’arrière de la salle de l’Opéra avec son violon. Et c’est de là qu’il a été amené de force sur le bateau britannique pour amuser l’armée. Il a fait cela pendant 4 ans, la période de la guerre napoléonienne. Après cette guerre, l’homme a été relâché dans une partie du Royaume-Uni. A partir de ce temps, il a passé 30ans de sa vie à écrire, composer des chants et à orchestrer des grands événements. Une grande performance que Joseph Antonio Emidy a réalisée et il est le premier compositeur de la diaspora africaine.

Il est important de faire connaître cette histoire a beaucoup de personnes. « Nous avons amené ce projet au Bénin relatif à Emidy et que nous avons porté pendant plusieurs années », a confié Tunde Jegede, multi-instrumentiste. Il a découvert cette histoire, il y a 25ans, grâce à sa mère qui est écrivaine et artiste plasticienne.

Par ailleurs, cette histoire a été racontée, de façon superficielle, parce que les écrits de cet esclave n’ont pas survécu dans le temps. « Nous avons imaginé différentes sortes de musique d’origine africaine, d’Amérique latine et de la musique classique européenne. Ce qui nous a permis de recréer cette histoire », a expliqué l’artiste. Pour lui, la réécriture de cette histoire est essentielle. Pour cause, « redire une histoire qui n’a pas été vue est importante pour moi. Emidy n’est pas la seule personne dont l’histoire n’a pas été racontée », a-t-il précisé. L’histoire est toujours racontée par le chasseur, mais jamais par le lion, c’est la raison pour laquelle plusieurs histoires n’ont pas été connues.

Pour Diana Baroni, chanteuse, flutiste, ce spectacle est une idée de Tunde Jegede. Une idée qu’il porte depuis plus de 10ans. Il a fait beaucoup de recherches sur le parcours géographique de ce personnage. « Chaque musique ou morceau de ce spectacle vient accompagner un moment de l’histoire de la vie de Joseph Antonio Emidy », a-t-elle fait remarquer. A l’en croire, c’est une façon de raconter une histoire avec de l’émotion que ces artistes auraient pu ressentir et vivre. Ce spectacle reste empirique parce que c’est l’un des spectacles où l’on essaie de raconter à travers des images et la danse.

Ce projet a été présenté dans le cadre d’une tournée que ce groupe a commencé à Lagos. Et le but est de faire connaître cette histoire partout en Afrique. Pendant deux heures environ, ce spectacle a été présenté au public de façon linéaire. Les chansons sont exécutées en Yoruba, Anglais, Portugais et Espagnol.

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