Le directeur de la Cea/Afrique de l’Ouest à propos de la production des données de qualité dans la sous-région: « Nous lançons un appel aux autorités pour le financement des opérations statistiques »

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En marge des activités de la réunion  ad-hoc des experts organisée à Robertfield au Libéria par le bureau Afrique de l’Ouest de la Cea, Bakary Dosso, directeur de l’institution, est revenu sur les difficultés des pays de la sous-région à produire des données de qualité. Selon lui, il existe un grand vide dans les domaines de la culture, de l’environnement, etc. et il faut inverser la tendance si ces pays veulent atteindre les échéances 2030 et 2063. 

Nous sommes pratiquement à la fin des travaux de la réunion ad-hoc du groupe des  experts.  Nous avons suivi les présentations de l’état des lieux des pays en matière de productions de données de qualité. Dites-nous, avec ce qu’ils ont présenté, qu’est-ce que la Cea retient déjà en la matière ?

La réunion que nous avons suivie est celle des experts sur les capacités et les mécanismes institutionnels au niveau de la sous-région en ce qui concerne la mise en œuvre de l’agenda 2030 et l’agenda 2063. Donc, la Cea fait une étude pour faire l’état des lieux afin de connaître les difficultés qui se posent au niveau des pays, les opportunités et nous avons retenu plusieurs messages clés. D’abord, le suivi de l’agenda 2063 et l’agenda 2030 n’est pas intégré. Donc ce qui est un port pour les pays. L’organisation au niveau des pays  nécessite d’être revue. Cela est aussi un élément important et nous retenons que les questions de la statistique reviennent encore de nouveau. Au niveau de la statistique, la plupart des pays n’ont pas des années de références pour pouvoir mesurer les performances par rapport à cet agenda. Et nous pensons que cela est un problème majeur. Pour certaines statistiques majeures, nous n’avons pas d’année de référence notamment pour l’année 2015 qu’est l’année de fond des Odd. Ce qui fait que nous lançons un appel aux autorités pour le financement des opérations statistiques puisqu’elles sont  primordiales, notamment, les enquêtes ménages. Vous pouvez avoir, par exemple, en ce qui concerne la situation de pauvreté et quelle est la situation de pauvreté pour pouvoir avoir les liens de références. Et puis, en ce qui concerne les plans, vous pouvez voir un peu comment les plans mis en œuvre par les autorités arrivent à être effectivement mis en œuvre.

 

Vous  avez fait une liste de goulots d’étranglement qui empêchent les objectifs de s’accomplir. Est-ce que cela pourrait constituer des freins à l’atteinte des agendas 2063 comme des Odd?

Vous savez, comme je viens de le dire, nous ne savons pas si l’agenda est en train d’être mis en œuvre. Mais dans quelle direction ? Nous ne le savons pas sinon la statistique est fausse. Donc, cela est un élément assez important et donc la statistique sociale, c’est un appel au niveau des statuts sociaux. En ce qui concerne les statistiques économiques, certes, nous avons énormément d’indicateurs. Au niveau financier, nous avons des indicateurs, mais ce sont les statistiques sociales et les statistiques environnementales qui peinent et comme nous le disons aussi, nous avons l’agenda africain qui est l’agenda de 2063. Vous avez l’agenda mondial qui est celui de 2030 et ces deux agendas ont un point de recoupement. Cela veut dire que le reporting de ces deux agendas doit  se faire ensemble. Donc, au niveau des nations Unies, il y a un appuie qui est apporté par ces dernières relativement à l’agenda 2030 et des appuis, également, apportés pour l’agenda 2063. C’est pourquoi la Cea a accompagné ce projet suite à développer des outils. Un outil de planification et de reporting concomitant intégré de ces deux agendas. Donc, cet outil va être opérationnel et présenté au pays très bientôt. Le lotis fait à partir des plans nationaux de développement qui donne à peu près les priorités nationales et qui doivent intégrer les priorités régionales et mondiales. Donc, un reporting sur les priorités nationales, les plans nationaux de développement permettront, notamment au comité, de répondre donc à ces deux agendas. Voilà ce que la Cea compte faire dans ces jours qui viennent.

 

En dehors de cet outil qui semble très intéressant, est-ce qu’il y a d’autres actions prévues?

 

Il y a bien d’actions et c’est l’objectif de cette réunion. Nous avons donc fait un rapport qui sera un document de plaidoyer et nous allons pouvoir, vis-à-vis des différents états, les partenaires qui appuient nos pays, nos sous régions,  identifier tous ces problèmes-là et qui auront directement un outil, voir donc la faiblesse où ils doivent mettre les ressources pour faire la différence.  Egalement, le fait que l’on est autour de la table avec les experts qui viennent   de tous les pays africains qui sont du ministère du plan, du ministère des finances et avoir, également, des experts spécifiques dans les domaines liés aux éléments sociaux et en plus des experts qui viennent de partout d’Afrique. Nous avons le centre des Odd qui vient du Rwanda, par exemple, et nous avons l’unité présidentielle de mise en œuvre du Kenya pour venir voir quelle  expérience de ces pays-là peut rapporter, et comment ils peuvent s’inspirer. Donc, un leadership au plus haut niveau facilite  la mise en œuvre des différents agendas.

 

Vous prenez beaucoup de précautions pour que les solutions proposées prennent déjà en compte les spécificités des pays. Est-ce que ces précautions à l’état suffisent ?

Tout à fait ! Parce que vous savez bien qu’il ne peut pas avoir des agendas mis en œuvre par des institutions hors du continent pour eux ! Les pays sont dans la chaise, celle qui conduit. Comme on le dit en anglais :Travel andsit. Donc, cela appartient au pays. Les pays, les agendas internationaux doivent être forcément incorporés ou alignés avec l’agenda national. Les pays ont des priorités au niveau national. Donc, la priorité globale, lorsqu’on dit, ne laissez personne derrière les questions de pauvreté, cela est par tous les pays. Donc, tout ce qui concerne les questions sociales, la question d’éducation, de santé, tous ces éléments sont des priorités au niveau des pays. Les agendas mondiaux et continentaux aident, justement, les pays à bien mobiliser les ressources nécessaires pour pouvoir reprendre avec les unités nationales.

 

Et pour finir, est-ce que la Cea a des conseils à donner à ces experts ou à nos pays respectifs pour avancer un peu plus ?

Ce que nous disons, nous avons tous les plans de développement, tous les pays ont des plans de développement. Pratiquement. Et cela est important, mais le problème n’est pas seulement les plans. Il faut pouvoir exécuter les plans. Il y a donc un problème d’exécution des différents plans et c’est pourquoi nous avons dit tantôt que nous avons apporté l’expertise qui existe, par ailleurs, en Afrique. L’unité de mise en œuvre présidentielle est du Kenya, par exemple, et les expériences du centre de développement des Odd et d’autres pays que vous avez vus. Donc, les parlementaires et autres, nous avons besoin d’une coalition pour pouvoir mettre en œuvre, pratiquement, les différentes priorités de développement. Je pense que, pour nous, la Cea, il faut que les pays émettent davantage d’actions en terme de mise en œuvre des différentes politiques. Cela s’entend les questions macroéconomiques, les mobilisations des ressources, l’implication des communautés, ce qui est important, la société civile, etc. Il y a un problème de changement de mentalité et, également, les questions culturelles sont assez fortes.

On se rappelle que beaucoup de pays n’ont pas été au rendez-vous des Omd. Est-ce que vous êtes optimiste par rapport aux Odd?

Les Odd sont davantage  ambitieux que les Omd. Il s’agit, par exemple, d’éliminer l’extrême pauvreté. Aux allures, nous avons fait des études à l’allure où l’on va, si l’on peut faire ce qu’on appelle le Bases institutions, on fait les choses comme on est, pratiquement, aucun des pays ne pourrait atteindre la majeure partie des agendas. On ne peut pas faire le Bases institutions. Il faut donc changer les stratégies et cela va être aussi difficile. Nous savons que les éléments sont difficiles. C’est pour cela que les pays ont pu prioriser un certain nombre d’objectifs de développement par rapport à leur contexte. Cela est donc un élément important, c’est un peu tous ces éléments-là que nous discutons et nous apportons les expériences  pour qu’on puisse pousser un peu vers ce changement. Parce que les Omd, c’était des objectifs, nous avons dit maintenant 17 objectifs et les cibles sont plus ambitieuses et l’Afrique était déjà très loin, en ce qui concerne les Omd et les Odd. Il faut vraiment que le développement soit au cœur et au centre de toutes actions.

Propos recueillis par Aïchath ALEDJI

 

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