Table ronde sur le dividende démographique: Se reproduire de façon utile, une option à pratiquer

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Une table ronde sur le thème « dynamique démographique au service du développement durable de l’Afrique de l’Ouest : défis et mesures des politiques » a eu lieu, ce jeudi, 09 mai 2019. Prévue dans le programme de la 22ème session de la CIE, cette activité a pris la forme d’un panel au cours duquel les experts, venus de divers pays, ont partagé avec l’assistance quelques expériences en matière de stratégie de maîtrise de la population. Selon eux, les pays doivent envisager la formule pour amener les populations à se reproduire de façon utile.« Le planning familial n’est pas juste le problème de la femme, mais c’est le problème de tout le monde. Cela passe par un investissement sur le capital humain à savoir éducation et santé ». Des propos fort partagés par Leticia Appiah du Ghana qui regroupe l’ensemble des idées défendues lors de la table ronde organisée par la Cea dans le cadre de la 22ème session du comité intergouvernemental des hauts fonctionnaires et experts en cours depuis mercredi 08 mai 2016 dans la ville de Robertsfield au Libéria.

Structurée autour du thème « dynamique démographique au service du développement durable de l’Afrique de l’Ouest : défis et mesures des politiques », cette activité a réuni, autour de la même table, Fatima Siga Jagne, commissaire de la Cedeao en charge des affaires sociales et du genre, Sanja Fanira du ministère du budget, de la planification et du développement du Niger. Ont aussi animé ce panel Oumy Ndiaye, du ministère de l’économie et de la coopération du Sénégal, Mainassara Assouman, directeur général du plan et de la prospective au Niger et Latif Dramani, Coordonnateur du centre régional de recherche en économie générationnelle.
Selon eux, aucun pays ne peut se développer s’il ne maîtrise le flux de sa population. De plus, les politiques de développement doivent désormais prendre en compte les spécificités des différentes strates qui composent les habitants de chaque pays. Au cœur de cette problématique, ces experts et fonctionnaires ont étudié la question de l’autonomisation des femmes et l’éducation, deux facteurs qui permettent à l’individu de prendre un bon départ et de mener un cycle de vie normal. Ils permettent aussi d’inculquer aux uns et aux autres la nécessité de se reproduire de façon utile.

En Afrique de l’Ouest, le taux de fécondité est de 5,5 enfants par femme, selon le rapport 2019 sur le profil socioéconomique de l’Afrique de l’Ouest. Le classement 2018 sur le développement humain indique que 13 pays sur les 15 que compte la Cedeao, appartiennent à la catégorie des pays à développement humain faible. Seuls le Cabo verde (125e) et le Ghana (140e) figurent dans la catégorie des pays à développement humain moyen.
Concernant l’autonomisation des femmes, seul le Sénégal est au-dessus de la moyenne continentale de 23,6%. Dans ce pays, à la faveur de la loi sur la parité dans les instances politiques adoptée en 2010, les femmes occupent aujourd’hui 41,8% des sièges en 2019.
Par ailleurs, le taux de contraception est faible et tourne autour de 17% dans toute l’Afrique de l’Ouest.
D’autres réalités telles que le mariage forcé et précoce des filles, les grossesses de la jeune fille, le taux de la couverture vaccinale sont indexées comme des aspects qui plombent la maîtrise du flux démographique.

*La budgétisation sensible au genre, une issue*

L’une des solutions proposée lors de cette table ronde est la budgétisation sensible au genre. Selon Latif Dramani, Coordonnateur du centre régional de recherche en économie générationnelle, il ne s’agit pas de concentrer tout le budget d’un pays autour de la question du genre, mais juste de voir dans le budget les axes qui sont alloués à cet effet. Il s’agit aussi de mieux orienter les actions de sorte qu’elles impactent réellement les cibles.
Par ailleurs, Monsieur Dramani insiste sur cet aspect tout simplement parce qu’il estime que l’heure n’est plus aux actions de peinture, mais de construction réelle. Par conséquent, les politiques doivent inclure ce concept dans les budgets de l’Etat.
« Aucune décision de politique publique ne peut être mise en œuvre si elle ne passe pas par la budgétisation sensible au genre sinon, nous ferons du saupoudrage », a relevé M. Dramani. C’est à cette seule conditions, selon lui, que les pays de l’Afrique de l’Ouest pourront bénéficier du dividende démographique.

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