Spectacle à l’Institut français de Cotonou: Neuf slameurs déclament la femme

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Dans le cadre de la célébration du mois de la francophonie et de la première édition du festival ‘’Slam Poésie’’, la communauté “Slamwood”, en partenariat avec l’Institut français de Cotonou, a organisé le vendredi 22 mars, une soirée de spectacle qui a permis à neuf slameurs de clamer et déclamer le talent féminin francophone.  “Talent féminin francophone”. C’est autour de ce thème que neuf slameurs (Sêminvo l’Enfant Noir, Amee, Ange, Balims, Djamile Mama Gao, Princio, Harmonie, Mrv et Gopal) ont tenu en haleine le public. Avec la guitare, l’orgue et d’autres instruments de musique, les slameurs ont impressionné le public qui, à travers des cris et des applaudissements, a manifesté sa joie. Hommes comme femmes slameurs ont magnifié la femme par des textes accompagnés harmonieusement de la musique. Pendant plus de deux heures, les spectateurs ont passé un moment de gaieté. En début de soirée, les slameurs et l’assistance ont exécuté une minute d’applaudissements en la mémoire des âmes disparues dans le rang des acteurs culturels et slameurs. Après cela, la place a été donnée à chaque artiste de déclamer. La condition féminine était au cœur des textes. Parmi cet effectif, nous avons deux talents féminins, deux femmes slameuses qui ont aussi crié et magnifié la femme. « Sur la scène, nous étions deux aux côtés des hommes et donc, nous essayons de profiler ce talent chaque jour », a confié Harmonie, slameuse béninoise. Cette soirée a été d’une grande réussite, pour elle, car, c’est avec beaucoup de plaisir qu’elle a partagé la scène avec ses frères du pays, de la sous-région et de l’extérieur. Au cours de ladite soirée, plusieurs thèmes sur la femme ont été développés pour dénoncer, dans un premier temps, les violences faites à la femme, et aussi encourager l’autonomie féminine. Sur scène, Harmonie n’a pas manqué de laisser un message à l’endroit de ses consœurs aussi bien au Bénin que dans le monde. « Il faut qu’on ose comme l’a souligné Seydou Badian, “la femme, c’est le premier genre de l’émancipation, c’est elle qui fait démarrer la société”. Il faudrait donc que la femme puisse prendre conscience de ses capacités, ne pas baisser les bras et se dire “Je peux autant que l’homme” », a-t-elle conseillé. L’artiste souhaite que cette bataille pour l’amélioration du talent féminin continue et qu’elle soit meilleure dans l’avenir.

Femme et société

A ses côtés, il y a un second talent féminin qu’est Amee de la Côte-d’Ivoire. Sa venue au Bénin, dans le cadre de cette activité, a été une grande joie pour elle et c’est un bon moment de partage avec les uns et les autres. « Je parle de la revalorisation de la condition féminine, des idées reçues contre lesquelles il faut se battre et que les femmes soient libres de leurs choix et qu’on arrête de leur mettre la pression afin qu’elles s’expriment », a estimé Amee. A l’en croire, la condition féminine paraît évoluer aux yeux de tous. Certes, il y a une évolution, « mais ce n’est pas encore suffisant. Nous avons des exemples par rapport à cette évolution, mais ceux qui ne correspondent pas sont encore très nombreux », a-t-elle ajouté. Entant qu’homme, Djamile Mama Gao, slameur béninois a aussi contribué à la réussite de cette soirée. « L’idée, c’était de montrer toutes les diversités et les perspectives nouvelles du slam et nous avons réussi à le faire », a-t-il précisé. Pour le slameur, nos sociétés ont été machistes par rapport au regard qu’on devrait porter aux femmes et donc, « des occasions comme celle-ci créent des possibilités de redéfinir le regard sur la femme de faire en sorte qu’il y ait une repossession de la perception que nous pouvons faire des femmes et de leur permettre aussi d’exulter leur façon de se voir », a-t-il ajouté. Il n’a pas manqué de faire son bilan pour cette soirée. « Le mot qui convient le mieux pour restituer notre démarche ce soir est la démarche qu’on devrait continuer à entretenir : émancipation », a conclu Djamile Mama Gao

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