ENTRETIEN AVEC CHEVINART « La raison doit s’inviter dans cette période pré-électorale »

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    La situation sociopolitique nationale préoccupe au premier chef l’artiste béninois Chevinart. Après avoir passé à la loupe les contours du « revinisme », il convie la classe politique au consensus pour la paix nationale et la sauvegarde des acquis démocratiques. Lisez plutôt.Propos recueillis par Innocent SOSSAVI

    Qui serait Chevinart dont on parle dans le milieu artistique béninois ?

    Chevinart est le nom d’artiste de celui qui s’appelle, à l’état civil, Donatien Houngbédji. Né en 1963 à Cotonou d’un père enseignant et d’une mère ménagère, j’y ai grandi jusqu’à m’intéresser à l’art dès 1989 en pleine année blanche. J’ai suivi cette voie pour m’avoir posé la question de savoir à quel métier j’étais destiné. M’étant jaugé pour connaître les aptitudes que Dieu a enfouies en moi, j’étais venu à la conclusion que je pourrais être pasteur, enseignant, moine, artiste, comédien ou écrivain.

    Incarnez-vous aujourd’hui tous ces titres à la fois ?

    Au terme de quatre années d’immersion artistique chez trois différents maîtres, j’ai été consacré illustrateur en 1993, ce que je suis aujourd’hui. Encore que j’enseigne, prêche, écrive et joue au travers de mon art. L’artiste que je suis est aussi écrivain, comédien, pasteur et enseignant. Je dois dire que mon art exprime ce qui doit amener les hommes à suivre la voie de Dieu.

    Quel sens revêt votre nom d’artiste ?

    « Chevinart » est le « Chercheur des valeurs intrinsèques de l’art ». A vrai dire, ma mission est la « Recherche des valeurs intrinsèques de l’art », ce que j’appelle « Revinisme ».

    Le revinisme serait-il un courant artistique ?

    Le revinisme est un courant littéraire et artistique dont le but est de révéler à l’homme les valeurs intrinsèques pouvant lui permettre de rimer avec les lois établies par Dieu, de sorte qu’il ne soit plus un loup pour les autres. A mon avis, l’homme devrait être une marionnette dans les mains de Dieu et rimer ainsi avec ses lois immuables.

    Quelles seraient vos relations avec le Créateur ?

    Mes pensées viennent de Dieu, émanant de mon côté critique. Je peux dire que je suis artistiquement en relation avec le Créateur.

    Le revinisme serait-il un art en relation avec Dieu ?

    L’intelligible est au cœur de mon expression artistique ; c’est le langage du monde des initiés ; lequel monde tend vers la perfection ; c’est un pont entre notre monde et le divin. J’ai coutume de dire que mon art est au service de la délivrance, car si vous voyez quelqu’un sous le joug du péché, il faut l’aider.

    Mais êtes-vous vous-mêmes aptes à délivrer un homme ?

    J’avoue que j’ai cultivé la chasteté. Le libérateur doit préalablement cultiver des aptitudes capables de lui permettre de libérer son prochain ; il doit être, lui-même, libéré avant de prétendre libérer les autres.

    Vous produisez beaucoup d’acrostiches.

    Justement, l’acrostiche est la marque même du revinisme : chaque acrostiche véhicule une force qui transforme celui qui le lit ou celui a qui il est dédié.

    Pourriez-vous déclamer l’un de vos acrostiches ?

    Je vous déclame l’acrostiche que j’ai dédié en 1990 à ma chère épouse Adèle, ma meilleure amie au monde, parce qu’il faut avoir pour épouse sa meilleure amie.

    Assise dans l’amour, tu

    Donnes à Chevinart tes vertus.

    Épatantes sont tes qualités !

    Libère tes autres capacités !

    Eblouissante est ta voix.

     

    Votre coup de gueule.

    Ma déception est que la musique n’adoucit plus les mœurs, parce que les artistes ne riment plus avec les belles idées qu’ils prônent. La plupart mène une vie de débauche. C’est suffisamment grave, alors que les parents devraient applaudir chaque fois que leurs enfants décident d’embrasser la musique. L’artiste ne doit pas être le drogué ou le prostitué ; il ne doit pas réveiller le côté animal de ses fans : il doit être un repère.

     

    Votre coup de cœur.

    Les réformes en cours depuis le 6 avril 2016 m’agréent. Talon est une aubaine pour le Bénin ; il est une chance à saisir.

     

    Il fait, pourtant, l’objet de critique.

     

    Il n’y a pas d’homme parfait… Quoi que l’on dise, Talon est l’homme que nous méritons ; c’est celui qu’il nous faut !  Que sa gestion m’arrange ou pas, là n’est pas la question ! Les gens crient parce que son austérité ne les arrange pas ; ce qui les arrange, c’est papa Noël ! J’estime que l’ère du laisser-aller est révolue, car le Bénin a besoin d’avancer… Trop, c’est trop !

     

    La situation sociopolitique nationale est, pourtant, caractérisée par l’impasse électorale.

     

    Bien qu’elle ne soit pas  l’œuvre du Bloc de la majorité présidentielle, l’impasse est en voie d’être levée depuis que le Chef de l’Etat a mandaté le président de l’Assemblée nationale pour la relecture des lois électorales, à sa rencontre du mercredi 6 mars 2019 avec la classe politique nationale. J’approuve l’initiative du Chef de l’Etat parce que le « revinisme » corrige la politique, cherche à proposer des solutions. Après tout, la raison doit s’inviter dans la période pré-électorale. C’est très capital.

     

    Le Bénin, c’est nous.

    Ne le mettons pas à genou.

     

    Concluez cet entretien !

    Je le conclus par un acrostiche en hommage à mon cher Bénin :

     

    Beau pays qui rayonne à l’occident de l’Afrique.

    Epatantes, tes prouesses honorent la démocratie.

    Noyau et carrefour du monde qui te dit merci.

    Intelligents et unis, tes enfants rejettent l’individualisme.

    Nombreux sont ceux qui apprécient leur patriotisme.

     

     

     

     

     

     

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