Stan Tohon à Cotonou: Entre souvenirs et larmes

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    12 mars 2019.  A bord d’un vol de la compagnie “Air France”, Stan Tohon effectue un énième retour au pays, après un voyage en Europe, sans doute le dernier. Décédé le 26 février dernier à Paris, la dépouille du roi de “tchink System” est accueillie à l’aéroport international de Cotonou dans un grand recueillement, mais surtout dans une ambiance chargée d’émotions et de tristesse.Il est dix-huit heures. Sur la cour extérieure de l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin, les proches de l’artiste commencent par arriver de part et d’autres. Arrivé tôt sur les lieux, le reggae man Rastatingore, habillé en blanc s’est trouvé une place sur une brique à côté de l’entrée. Dans ses mains, se trouve un appareil photo et la tête baissée, il appuie sur des boutons. L’homme regarde les photos de souvenir de l’artiste décédé. Rastatingore visualise les dernières images qu’il a prises lors du dernier concert de l’artiste qui a eu lieu en décembre 2018. Approché, il a du mal à se confier, car la nouvelle est mal prise. « C’est avec beaucoup de tristesse et de pleures que j’ai reçu la nouvelle », confie Rastatingore. Il est l’une des personnes qui a côtoyé l’illustre disparu pendant une trentaine d’années.  Comme lui, d’autres personnes ayant fréquenté l’artiste de son vivant sont également venues accueillir sa dépouille. Debout, assis sur des briques ou autres supports, tous attendent l’arrivée du vol.

    18h45 minutes. Le vol commercial de la compagnie “Air France” atterrit. L’atterrissage de l’appareil attire l’attention de la foule. Chacun commence à se lever et à se rapprocher de l’entrée, une porte grille. Ces personnes, venues accueillir la dépouille de l’artiste, attendent avec impatience l’arrivée du cercueil à l’extérieur. Ses proches de même que sa famille ont confectionné des Lacostes sur lesquels se trouve la photo de l’artiste. Sur le dos, on peut lire « Stan Tohon, tu resteras toujours gravé dans notre mémoire ». Dans cette attente, les uns et les autres se racontent des souvenirs ou font l’éloge de l’artiste. « C’est une vraie tragédie. Stan est un homme bon. » à un autre d’ajouter : « Il a fait venir à la musique beaucoup de personnes. Nous avons encore besoin de lui ». Tels sont les propos au milieu de la foule. Après deux heures environ de formalité à l’intérieur, une voix masculine se lève et attire l’attention de tous. « Il est là ! ». En ce moment, il sonne 20h25 minutes. Le ministre et la femme du regretté sont à la tête du cercueil et l’accompagnent vers l’extérieur où le corbillard est garé. En ce moment-là, un groupe de femmes s’aligne à côté du corbillard et, en élevant leur voix, elles commencent par magnifier la dépouille. Les regards changent et la tristesse est grande. Le ministre et la veuve n’ont pas pu placer un mot. Ses proches et ses amis musiciens essaient de placer un mot, malgré la tristesse. « Je suis animé par un sentiment de tristesse et de dégoût. Je ne comprends pas pourquoi Stan puisse partir en ce moment. Je suis dans le deuil », articule Vincent Ahéhéhinnou, musicien chanteur de l’orchestre Poly-Rythmo.

     

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