Femmes et sécurité alimentaire au Bénin: Un leadership reconnu

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Pour garantir  la disponibilité des aliments produits au Bénin et assurer aux familles un revenu appréciable, la femme représente un maillon non négligeable.  De manière inclusive et durable, avec l’appui des Organisations non gouvernementales et les nombreux projets de développement, les autorités béninoises sont engagées pour atteindre les Objectifs de développement durable 1 et 2 avant 2030 : « Pas de pauvreté’’  et  » Faim zéro ».Conscient de la vulnérabilité du pays face aux enjeux alimentaires, le gouvernement du Bénin a  pris en main sa politique agricole. Ce secteur fondamental de l’économie béninoise, bien que loin de pourvoir assurer la sécurité alimentaire aux béninois est considéré comme le secteur privilégié pour la lutte contre la pauvreté. Aussi pour garantir la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition, le gouvernement a démarré  un «examen stratégique national de la sécurité alimentaire et de la nutrition» appelé «Faim Zéro». Le fléau de la faim est l’une des préoccupations majeures. L’insécurité alimentaire constitue l’une des problématiques majeures du développement au Bénin. En 2017, plus de 1,09 million de Béninois sont en insécurité alimentaire, dont 80 000 sévèrement touchés.  Selon les résultats de l’étude sur l’analyse globale de la vulnérabilité et la sécurité alimentaire au Bénin  en  2017 , 9,6 % de la population béninoise sont en insécurité alimentaire. Le Couffo, le Mono et l’Atacora sont les départements qui ont les plus forts taux d’insécurité alimentaire: respectivement 29, 28 et 25% des ménages en insécurité alimentaire. Ayant pour causes majeures les  aléas climatiques et les  influences politiques, l’insécurité alimentaire met en avant garde  les difficultés d’accès économique aux marchés,  la dépendance des marchés, la hausse des prix des produits alimentaires et une agriculture de subsistance peu productive.  Et , bien que   n’étant propriétaire terrien selon les coutumes , les femmes sont durement touchées par les pénuries agricoles. Très souvent gestionnaire de petites parcelles de terre au niveau familial ou de petit élevage et de jardins autour de la maison, le combat des femmes rurales n’est plus à démontrer.

La féminisation de l’agriculture

Le schéma traditionnel de la main d’œuvre agricole et de la répartition des tâches entre les hommes et les femmes s’est modifié. Les femmes se retrouvent seules à accomplir les travaux agricoles. Elles constituent désormais la majorité des petits exploitants propriétaires, fournissent la majeure partie de la main d’œuvre agricole et assurent la gestion des exploitations au quotidien. Selon des estimations de la FAO, les femmes assurent plus de 50 pour cent de la production alimentaire agricole dans le monde. Leurs contributions à l’agriculture, à la foresterie et aux pêches sont sous-estimées. Au Bénin, elles sont actives aussi bien dans le secteur agricole de rente que dans les cultures vivrières, et leur travail, en grande partie  axé sur la consommation alimentaire de la famille et de la communauté, aussi important soit-il en matière de sécurité alimentaire, n’entre pas dans les statistiques. On constate aujourd’hui un phénomène qui frappe beaucoup de communes: La  « féminisation de l’agriculture », c’est-à-dire la prédominance croissante des femmes dans la production agricole et la baisse simultanée de la présence des hommes dans ce secteur. Cette tendance confirme plus que jamais l’urgence de prendre des mesures pour renforcer la capacité des femmes en matière de production agricole et de tout ce qui touche à la sécurité alimentaire. L’agriculture devient progressivement un secteur essentiellement féminin.  Des charges sociales d’épouses, mères et sœurs, la femme  assure et rassure à tous les niveaux. De la production à la commercialisation, l’apport des femmes est remarquable bien que les charges soient croissantes. Assumer la maternité, entretenir et éduquer  les  tâches  constituent à peu près de 90 %  de lutte contre l’insécurité alimentaire  et la mal nutrition des enfants.

Il  urge donc    de faciliter   l’accès des femmes aux ressources  matérielles et financières  telles que la terre, le crédit ainsi que l’alphabétisation. Assurément, l’autonomisation des femmes rurales  facilitera la croissance de  la production agricole et la sécurité alimentaire.

ENCADRE 1

L’expérience des femmes de HANGBANOU dans le département du Couffo

A Hangbanou, le groupement BOBOYODE a fait ses preuves. Constitué de plus 30 femmes natives du village, ce groupement a été remarquablement  soutenue par les ONG aux fins d’améliorer leur manière de vivre. Fières  d’être mères, cultivatrice et revendeuses, ces femmes se sont réunies autour de Jeanine B. pour repousser la pauvreté et la faim.  » se mettre en groupement pour travailler est la première expérience bénéfique que nous avons  retenu. Ici nous travaillons  ensemble dans la production et la récolte des produits maraichers sur la terre que la mairie nous a louée. Mais, au niveau de la commercialisation  nous avons des rôles différents.  En saison basse, nous achetons et stockons le mais  dans des conditions biologiques. Nous ne mettons pas de produits  car nous lavons  bien les fûts à l’eau chaude avec  les produits  puis nous séchons bien le maïs.  Cela   peut faire un an sans se gâter  et après nous  le revendons en période haute. Avant la récolte nous vendons du maïs et la trésorière nous partage les bénéfices. Croyez moi avec ça nous assurons l’école pour nos enfants  et ils mangent à leurs faim. Nous  faisons dos a la souffrance » .

ENCADRE 2

  « Il ya de l’espoir »

Au Bénin, la  sécurité alimentaire  passe par l’adhésion  des  communautés.  De nombreux projets initiés par le gouvernement béninois avec l’appui des partenaires techniques et financiers,  constituent un gage de motivation dans laquelle les villageois jouent  un rôle. C’est le cas  de la réalisation des aires de séchages de piments à Kissamey dans le  Couffo et  des greniers d’oignons  à  Malanville  dans le département de l’Alibori.

Suivant le cycle des cultures, les projets de développement agricoles  assurent  la réalisation, la construction des  greniers  communautaires    et des banques de céréales.  Constituant un stock tampon, ces banques  de céréales et greniers  permettent de  réguler les prix sur les marchés qui ont tendance à aller du simple au triple de la récolte à la période de soudure. Ils permettent également aux ménages en difficulté alimentaire de travailler dans leurs champs.  Ceci en empruntant aux greniers au lieu de travailler contre la nourriture dans les champs de grands propriétaires terriens. Ils  renforcent également la capacité villageoise d’organisation, de responsabilisation et d’auto prise en charge.

 

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